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Plein air de proximite parc eau cyclistes
Le déconfinement se poursuit au Québec, qui d’ailleurs vient de basculer globalement en zone verte. Toutefois, les déplacements à l’étranger demeurant compliqués, les Québécoises et les Québécois seront plus nombreux que jamais à passer leurs vacances dans la province. Ce qui permet d’anticiper, à nouveau cet été, un fort achalandage dans les parcs, notamment ceux qui sont placés sous la responsabilité des municipalités.

Le 10 juin dernier, Le pointeur organisait un webinaire pour traiter de ces enjeux en compagnie de deux conférencières : Isabelle Bérubé, directrice du développement et spécialiste en gestion de l’achalandage à la Société pour la nature et les parcs du Canada – section Québec (SNAP Québec), aussi conseillère municipale à la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville, et Estelle Paulhus, coordonnatrice en loisir, culture, tourisme, événementiel et social au Service de développement économique et forestier de la Ville de La Tuque, aussi membre du conseil d’administration de l’Association québécoise du loisir municipal. Voici les faits saillants de cette présentation.

Le plein air de proximité

 

Avant toute chose, et en guise de définition, il convient de rappeler que le plein air de proximité se pratique à longueur d’année, non loin du milieu de vie du citoyen, dans des espaces verts qui sont accessibles en matière de déplacement, de temps et de coûts. Des lieux, donc, qui offrent un contact régulier avec la nature par le truchement l’observation, l’immersion et la participation active. Ce qui nécessite des environnements à la fois beaux, invitants, sécuritaires et idéalement à moins de 500 mètres du domicile des citoyens. Autrement dit, à dix minutes de marche, ce qui correspond à la limite psychologique au-delà de laquelle un parc n’est plus considéré comme accessible par les usagers.

Mesures de gestion

Durant l’été 2020, consignes sanitaires obligent, les parcs ont littéralement été pris d’assaut par les citoyens. Or, si ces taux d’achalandage représentent un casse-tête pour les gestionnaires, ils ne sont pas, non plus, souhaités par les usagers eux-mêmes. Ces intérêts partagés appellent une solution toute simple : la diffusion, en temps réel lorsque c’est possible, des statistiques de fréquentation, notamment sur les médias sociaux. Un partage d’information susceptible d’entraîner une sorte d’autorégulation des flux d’achalandage, car les amateurs de plein air, à la recherche d’une expérience de qualité, vont préférer les endroits moins fréquentés.

 

À cela peuvent s’ajouter des stratégies d’adaptation afin d’éviter, par exemple, l’effet entonnoir en proposant des circuits en boucle; avec une entrée qui est distincte de la sortie. Dans le cas des parcs où un prix d’entrée est demandé, on peut aplanir la période de pointe en redistribuant une partie des visites grâce à la tarification dynamique. On offre ainsi, durant les heures creuses, des formules à petits prix pour attirer un plus grand nombre de visiteurs. Il est aussi possible d’exiger, au préalable, que les usagers achètent en ligne leurs billets qui sont valides pour une tranche horaire déterminée; un système de réservation qui évite le surachalandage !

Mesures de sensibilisation

Un achalandage accru est aussi susceptible d’entraîner une dégradation du milieu si les règles élémentaires de la pratique ne sont pas respectées. Recevoir davantage de visiteurs exige d’autant plus d’efforts de sensibilisation à l’égard de la faune et de la flore. Quitte à répéter ces consignes d’usage : suivre les sentiers balisés et ne pas nourrir les animaux…

En général, il existe un noyau dur d’utilisateurs, les passionnés, qui connaissent bien ces règles et les respectent. Or, la pandémie a entraîné un afflux de nouveaux visiteurs parfois peu familiers avec ces codes de conduites. Il importe donc de bien les informer pour qu’ils prennent conscience de l’impact de leurs gestes, particulièrement dans les milieux fragiles. Toutefois, pour que le message passe de manière adéquate, mieux vaut adopter un ton ludique plutôt que de faire la leçon. Il est toujours préférable de transformer une interdiction en invitation.

Dans un même ordre d’idée, les gestionnaires de parcs doivent garder à l’esprit que les utilisateurs inexpérimentés peuvent certainement profiter de judicieux conseils afin de vivre une expérience de qualité et demeurer en sécurité. Par exemple, Sans Trace Canada prodigue de tels conseils tout en faisant la promotion du respect des 7 principes Sans Trace. On peut aussi citer le Code d’éthique du randonneur de Rando Québec (NDLR).

Mesures de développement

Malgré tout, la pandémie aura eu, entre autres mérites, d’offrir aux gestionnaires de parcs l’occasion de fidéliser une nouvelle clientèle. Et pour s’assurer de la rétention de ces recrues, il faudra redoubler d’efforts pour embellir les espaces existants, mais aussi s’affairer à en créer de nouveaux. Il est possible, tout particulièrement en ville, de transformer un terrain vague en îlot de verdure grâce à des interventions toutes simples et peu coûteuses. Parfois, l’ajout de mobilier urbain, comme des tables à pique-nique, suffit à changer la vocation d’un lieu pour que la communauté se le réapproprie.

En créant davantage de petits espaces verts de proximité, on multiplie le nombre de citoyens habitant à moins de 500 mètres d’un parc. Et les études le montrent : cette accessibilité est bénéfique. Car ceux qui en profitent deviennent physiquement plus actifs et voient se bonifier leur santé mentale. Il faut toutefois veiller à ce que leurs aménagements puissent accueillir toutes les personnes, peu importe leur condition et leurs capacités.

On doit aussi spécifier que l’embellissement des espaces verts va de pair avec un bon entretien. Et donc leur allouer les ressources nécessaires pour assurer la propreté des lieux. Car un parc bien entretenu engendre un cercle vertueux qui pousse ses utilisateurs à en prendre soin.

L’équité par le plein air

Les espaces verts jouent des rôles cruciaux dans la trame urbaine. Ce que la pandémie nous a permis de mesurer avec plus d’acuité que jamais. D’autant plus qu’ils contribuent justement à la réduction des inégalités sociales de santé. Leur aménagement a en outre le potentiel de revitaliser les quartiers plus défavorisés, de resserrer les liens sociaux et d’engendrer un sentiment d’appartenance, ce qui entraîne une diminution du taux de criminalité. Bref, il faut continuer de déployer les efforts nécessaires pour que les citoyens fréquentent leurs parcs, tout en veillant, bien sûr, à ce que ces lieux de prédilection ne soient pas victimes d’un trop fort achalandage !

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